Question de contrôle sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris

 

Hier soir à l’Assemblée nationale, je suis intervenue (à 1 minute de la vidéo ci-dessous), dans le cadre des questions de contrôle concernant le programme de privatisations du gouvernement, sur l’avenir du groupe Aéroports de Paris. Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, était présent pour répondre aux questions des députés.

 

 

 

 

 

L’innovation est la clé pour l’avenir de nos entreprises et leur compétitivité. Elle constitue un enjeu de croissance économique et le moyen de faire émerger les champions industriels français de demain. La France possède les atouts nécessaires à l’éclosion d’entreprises innovantes : savoir-faire, excellence technologique, rayonnement international. Il ne manque parfois qu’un tremplin financier pour le lancement ou le développement d’une innovation.

Ainsi, afin d’apporter le soutien nécessaire aux secteurs d’avenir et aux innovations de rupture, le gouvernement entend créer un fonds d’investissements doté de 10 milliards d’euros.
Ce fonds sera abondé par les recettes issues de la cession des participations de l’Etat dans plusieurs entreprises. Parmi les sociétés envisagées, le groupe Aéroports de Paris (ADP) revient régulièrement dans les discussions.

Dans cette optique, plusieurs questions peuvent se poser sur les conséquences d’une éventuelle privatisation.

L’Etat souhaite conserver le contrôle des entreprises dites stratégiques. Aussi, les aéroports étant des lieux de frontière, une porte d’entrée sur la France, on peut se demander si ces installations n’apparaissent pas comme stratégiques dans l’accueil et la gestion des flux.

Ensuite, le groupe ADP connaît une croissance économique importante et l’entreprise est particulièrement rentable. La question peut être posée sur la pertinence de cette privatisation, privant ainsi l’Etat de recettes budgétaires régulières et importantes.

Enfin, ADP est en situation de monopole sur les aéroports de la région parisienne. Une fois privatisés, le risque est que les nouveaux actionnaires privés souhaitent augmenter le prix des redevances et réduire la qualité des services au détriment des passagers et des compagnies aériennes. Comment l’Etat pourrait-t-il continuer à réguler ces questions en n’étant plus actionnaire ?

Je souhaitais donc connaître la position de M. Le Maire et les pistes de réflexion du gouvernement sur ces questions stratégiques et économiques liées à la potentielle privatisation d’ADP.

Dans sa réponse, le Ministre a tenu à rassurer et éviter tout malentendu sur les projets du gouvernement. En effet, le gouvernement ne souhaite pas privatiser la police aux frontières, les douanes, la sécurité des aéroports, ni le contrôle des personnes. Bien qu’il soit envisagé de céder des actifs liés à l’exploitation d’ADP, il n’est pas question de laisser le contrôle stratégique, la sécurité ou la régulation du trafic aérien, qui sont considérés comme le cœur de la souveraineté nationale.

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