Question sur l’éolien

 

En Commission des finances le 11 avril 2018, j’ai adressé cette question à M. Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF :

 

 

 

 

Lors d’un entretien publié en décembre, vous avez déclaré penser que compte tenu du prix et des difficultés d’implantation et d’acceptation des éoliennes, le développement des énergies renouvelables passera davantage par le solaire que l’éolien. Vous comptez investir 25 milliards d’euros dans l’énergie photovoltaïque au moyen d’un plan solaire.

Cela signifie-t-il à termes votre désengagement du secteur éolien ?

Il est vrai que l’éolien a des difficultés à se déployer (lourdeur administrative, recours nombreux). C’est le cas sur le territoire du nord de la Haute-Vienne que je représente. Aussi comment voyez-vous l’avenir de l’éolien en France ? Par ailleurs, pensez-vous que ces énergies renouvelables réussiront à terme à être rentables économiquement, et une rentabilité à quelle échéance ?

Réponse de M. Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF (à 2 heures 27 min 35 sec de la séance) :

Nous n’allons pas nous désengager de l’éolien. De l’avis général, l’éolien à terre en France n’est pas facile à accepter. On le voit avec le délai entre l’élaboration du projet et la construction définitive, les recours, les élus qui ne sont pas pour ces installations, pour des raisons de bruit, de paysage, etc. Donc il y a des endroits en France où l’éolien se développe et d’autres où il se développe moins bien. C’est pour cela que nous estimons que l’essentiel de la croissance va se faire dans le solaire, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de croissance dans l’éolien. Nous pensons qu’il y aura de la croissance dans l’éolien, y compris off-shore, mais qu’il serait hasardeux de miser sur un engouement fort des français pour l’éolien, comme on le voit en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Allemagne.

La rentabilité de ces installations dépend très largement des conditions de vent et de soleil. On ne peut pas dire que les prix qu’on est capables de proposer dans des pays désertiques sont transposables dans les régions nuageuses de notre métropole. Progressivement les prix des ENR se rapprochent du prix des autres énergies, et cela dépend des régions. Le problème de l’intermittence aujourd’hui n’est pas réglé, on ne peut pas faire le pari qu’il se réglera mais on peut y travailler. C’est la stratégie que nous avons retenue. Faire en sorte qu’au moment où le prix du kilowatt/heure renouvelable se rapprochera du kilowatt/heure nucléaire, au moment où le prix du stockage va baisser, nous soyons en mesure de gérer l’intermittence au mieux de l’intérêt d’EDF et de notre pays.

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